Le Livre des Veilleurs
chapitres 1 à 36
La chute des anges, la naissance des géants, le jugement des Veilleurs, puis les voyages d'Hénoch aux extrémités du monde.
1 Hénoch — texte intégral
Deux cents anges descendent sur la terre. Ils prennent femme parmi les humains, leur enseignent la métallurgie des armes, les sortilèges, la lecture des astres. De ces unions naissent les géants. La terre se remplit de violence — et crie vers le ciel.
C'est le récit des Veilleurs, ces anges déchus. Il occupe les premiers chapitres du Livre d'Hénoch. On l'a longtemps cru perdu ; il a surtout été écarté. Voici pourquoi — et voici ce qu'il contient réellement.
Extrait gratuit en PDF · aucune carte bancaire
Le récit
Le Livre des Veilleurs part d'un verset de la Genèse resté énigmatique : « les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles » et s'unirent à elles. Là où la Genèse expédie l'épisode en quatre versets, Hénoch le déploie sur trente-six chapitres.
Deux cents anges, menés par Shemihaza et Azazel, prêtent serment sur le mont Hermon et descendent. Azazel apprend aux hommes à forger les épées, les boucliers et les cuirasses, à fondre les métaux, à fabriquer les fards ; d'autres livrent les incantations, les vertus des racines, la coupure des sortilèges, l'observation des astres et des nuages.
De leurs femmes naissent des géants. Le texte les dit démesurés : ils épuisent les récoltes des hommes, puis se retournent contre eux. La terre, personnifiée, porte plainte contre ceux qui la souillent.
Quatre archanges — Michel, Sariel, Raphaël et Gabriel — portent la cause devant Dieu. La sentence est triple : les géants s'entre-tueront sous les yeux de leurs pères ; Azazel sera lié dans les ténèbres d'un désert jusqu'au jour du jugement ; le Déluge effacera la corruption.
Hénoch, lui, reçoit une mission de scribe : porter aux Veilleurs l'annonce de leur condamnation. Ceux-ci le prient d'intercéder. Il rédige leur requête, s'endort près des eaux de Dan, et reçoit en songe la réponse. Elle est sans appel.
Le Livre d'Hénoch a circulé largement dans le judaïsme du Second Temple et parmi les premiers chrétiens. On en a retrouvé des fragments araméens à Qumrân, aux côtés des textes bibliques. L'Épître de Jude, dans le Nouveau Testament, cite explicitement une prophétie d'Hénoch (Jude 14-15).
Il n'a pourtant pas été retenu. Le judaïsme rabbinique, en fixant son canon après la destruction du Temple, a laissé de côté cette littérature. Les Églises grecque et latine ont suivi. Quelques auteurs chrétiens anciens le tenaient encore pour inspiré — Tertullien le défend ouvertement — mais l'usage s'est perdu, et le texte grec avec lui.
« Écarté » est plus juste qu'« interdit » : le livre n'a pas été proscrit, il a été oublié partout ailleurs qu'en Éthiopie.
Le texte lui-même
Le récit que vous venez de lire, tel qu'il figure dans l'édition.


Captures des pages telles qu'elles figurent dans le PDF livré — composition, ornements, numérotation. Rien n'est reconstitué.
La composition
Ils figurent tous dans cette édition, intégralement traduits.
Hénoch appartient à un ensemble plus vaste — qu'est-ce que la Bible éthiopienne ?
chapitres 1 à 36
La chute des anges, la naissance des géants, le jugement des Veilleurs, puis les voyages d'Hénoch aux extrémités du monde.
chapitres 37 à 71
Trois visions sur le jugement à venir, où apparaît la figure énigmatique du « Fils d'homme ».
chapitres 72 à 82
La course du soleil, de la lune et des étoiles, et un calendrier de trois cent soixante-quatre jours.
chapitres 83 à 90
L'histoire d'Israël racontée sous la forme d'une longue allégorie animalière, du Déluge à la fin des temps.
chapitres 91 à 108
Exhortations, malédictions contre les riches injustes, et l'« Apocalypse des semaines » qui découpe l'histoire du monde.
Le Livre d'Hénoch ne nous est parvenu dans son intégralité que par une seule langue : le guèze, la langue liturgique de l'Éthiopie.
Grec
Des extraits seulement
Araméen
Quelques fragments de Qumrân
Guèze
Le texte complet
Il en va de même pour le Livre des Jubilés : sans les copistes éthiopiens, ces deux livres auraient disparu.
Sans l'Éthiopie, ces livres auraient disparu.
Dix-neuf chapitres du Livre d'Hénoch, en PDF : la descente des anges, les géants, le jugement. Vous jugerez sur pièces.

Le texte intégral, en français
Hénoch ne se lit pas seul. Cette édition le replace au milieu du corpus qui l'a conservé : l'Ancien et le Nouveau Testament, le Livre des Jubilés, les Maccabées et les livres deutérocanoniques — 2 082 pages dans l'édition imprimée, avec l'appareil éditorial qui situe chaque texte.
Édition papier
Les 88 livres en trois volumes brochés, 2 082 pages. Livraison comprise.
9,99 €
Les 88 livres, 2 082 pages dans la mise en page du livre imprimé, dans les deux formats. Téléchargement immédiat après paiement.
Gratuit
Dix-neuf chapitres du Livre d'Hénoch — tout le récit des Veilleurs — au format PDF.
12,90 €
La même édition sur liseuse et application Kindle. Vente assurée par Amazon.
Prix TTC, sans promotion ni code de réduction. L'édition Kindle est vendue par Amazon, à son propre tarif. Vente et facturation assurées par notre prestataire, qui collecte et reverse la TVA du pays de l'acheteur. ISBN 9782958123457.
C'est la liste des livres reconnus comme Écriture par l'Église éthiopienne orthodoxe Tewahedo. Elle est plus large que celles des autres Églises : outre l'Ancien et le Nouveau Testament, elle intègre le Livre d'Hénoch, le Livre des Jubilés et les trois Meqabyan.
Cette édition rassemble ce corpus en français, en trois volumes reliés, avec un appareil éditorial qui en explique la composition et signale les écrits qui n'y figurent pas, faute de traduction française disponible.
Non. Cette édition est un travail éditorial indépendant. Elle n'est ni une traduction liturgique officielle, ni approuvée ou publiée par l'Église éthiopienne orthodoxe Tewahedo.
Son objet est de rendre ce corpus accessible et lisible en français, en indiquant clairement ses sources.
Non. Il n'a jamais été interdit. Il n'a simplement pas été retenu dans le canon juif fixé après le Second Temple, ni dans les canons grec et latin adoptés par la suite. L'Église éthiopienne, elle, l'a toujours conservé.
Il était connu de plusieurs auteurs chrétiens des premiers siècles, et l'Épître de Jude en cite un passage.